Versailles bis

Parce qu’on l’aime notre château, un deuxième groupe y est retourné dimanche dernier, curieux de voir de ses propres yeux les œuvres un peu tordues de Murakami. Surprise : le bilan cette fois était plutôt positif !

« … Honteux ! C’est honteux… » « Ah non, mais non non non ! » « Et dire qu’on est à Versailles… »  » Mais ça franchement, mais regarde moi cette… chose !… Si Louis XIV voyait ça, il se retournerait dans sa tombe !… » Voilà ce qu’on pouvait entendre autour de nous, parmi la foule qui se pressait autour des œuvres colorées de Murakami. Ca critique, ça critique, mais ça mitraille, ça dévisage et ça commente quand même. Curiosité morbide ? Peut-être… Il n’empêche qu’il y avait foule.

Néanmoins, notre petit groupe composé de Takeshi, Kyoko, Alexis, Kenza et moi, a plutôt apprécié la visite. La première œuvre notamment, celle du champignon géant à bras multiples, nous a impressionnés. Plutôt bien placée, on aurait dit un dieu étrange, qui s’élançait vers les cieux du plafond.

Et puis, petit à petit…. Tout est devenu un peu plus loufoque. Des animaux bizarroïdes, explosions de couleur, sourires sardoniques, têtes de mort au bout de pique, du rose bonbon, des oreilles de lapin, des yeux de partout, qui vous observent où que vous soyez. Tout cela au milieu des rois et hommes de Cour immobilisés dans la pierre… spectateurs silencieux de ces créatures étranges et de la foule de curieux venue les observer. Derrière leur masque d’impassibilité, que doivent-ils penser ? Sont-ils atterrés ? Amusés ? Frustrés qu’on ne prêtre surtout attention qu’à ces œuvres de résine plutôt qu’à leur magnificence d’un autre âge ? Nul ne sait.

C’est en voyant la fameuse maid à la jupe quasi inexistante et à la poitrine pour le moins proéminente que les avis ont vraiment divergé ! Quand les uns grimaçaient, les autres tentaient de voir si les miroirs dévoilaient ce que cachait à peine la jupette rouge vif.

La galerie des glaces en elle-même ne présentait aucune œuvre particulière, sauf à son extrémité, avec une des plus belles : la sculpture des fleurs. Bien située, légère avec ses branches couvertes de fleurs souriantes s’élançant vers les angelots du plafond… Rien de provoquant pour une fois. Juste… Surprenant.

Les autres, invasion de fleurs au grand sourire niais sorties tout droit d’Alice au Pays des Merveilles, étaient plutôt bien accueillies. Le contraste avec les dorures et tapisseries luxueuses était toujours un peu déroutant, mais rien de honteux d’après nous !

Et puisque les grands esprits se rencontrent, nous avons déjeuné à la même crêperie que Lucy & co, proche du château : festival de glaces à la vanille, au chocolat, pommes chaudes, caramel, sur la pâte chaude… et la vieille musique française pour touristes qui, comment dire… qui donne un genre… plutôt pittoresque !

Nous avons enchaîné ensuite avec l’exposition Sciences et Curiosité à Versailles, où nous avons notamment pu observer la fameuse « chaise volante de Louix XV ». Cet ancêtre d’ascenseur permettait aux favorites de feu le roi de rejoindre discrètement les appartements royaux situés au 3e étage du Château. Comme quoi, les innovations scientifiques peuvent surgir de n’importe où…

Merci donc à vous, Mesdames de Châteauroux et de Pompadour, de nous avoir doté de cette magnifique invention permettant aux plus fainéants d’entre nous d’éviter les escaliers… !

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Versailles, mon amour !

L’exposition de Takashi Murakami au château de Versailles, ça vous dit quelque chose ? Les œuvres contemporaines de cet artiste japonais ont longtemps créé la polémique : comment ose-t-on présenter des statues inspirées de manga dans le château de feu le roi soleil ??
Quelle audace incroyable ! disent les uns. Sacrilège ! hurlent les autres.

La Yuai a souhaité se faire sa propre opinion : un premier groupe a visité le château le 20 novembre, un deuxième le 5 décembre.

Tout d’abord, un petit (minuscule) cours d’histoire de l’art : qui est ce Takashi Murakami, qui tantôt se fait applaudir, tantôt se retrouve maculé de crachats ?

Murakami (48 ans) est l’un des artistes les plus influents de ces dernières années, on ne peut pas lui enlever ça. Dans ses œuvres, il cherche à créer un lien entre une élite amatrice d’art contemporain et la culture de masse (les manga et anime). A la fois fantaisistes et troublantes, ses sculptures sont toujours éclatantes de couleur, mais aussi un peu cauchemardesques (sourires sardoniques, crocs apparents, regard étrange…)

Son atelier à Tokyo produit aussi des lignes de sacs et de foulards pour la célèbre marque Louis Vuitton. Murakami exerce aussi un rôle de commissaire d’exposition, d’éditeur, d’organisateur d’événements, de présentateur radio, d’auteur, de manager de jeunes artistes… Un homme très occupé, donc.

Après ce court intermède, intéressons-nous à la visite du château : je laisse la parole à Lucy, la présidente de l’association, qui était présente lors de la visite du 20 novembre en compagnie de quatre autres membres : Jean-Louis, Yuichi, Rie et Satoko.

 » Grâce aux places gratuites fournies ponctuellement par une des membres de la Yuai, nous avons pu avoir accès au château, aux jardins et aux audiophones.

Comme le château est toujours en cours de rénovation (depuis 2003), nous avons pu voir les différences entre le côté droit du toit (entièrement refait) et le côté gauche, (sans finition). Très intéressant ! En tout cas, la chapelle était enfin visible, et c’est ce que j’ai apprécié le plus.

Dès que nous sommes entrés, Yuichi trépignait d’impatience à l’idée de voir l’exposition. Hélas, cette dernière ne commençait qu’au niveau des appartements royaux, après un long dédale de couloirs et de pièces bordées de fresques et tableaux représentant les différents rois et leur famille.

Tel l’éclair, Yuichi les a traversés au pas de course pour se rendre directement aux œuvres de Murakami. Il semblait heureux de pouvoir observer les œuvres d’un japonais ayant réussi à entrer dans le cercle fermé des stylistes Louis Vuitton. Si bien qu’il n’a pas lâché son téléphone pour mettre régulièrement à jour son twitter!

La toute première œuvre, un totem inca reposant sur une fleur de lotus et une grenouille, n’a pas vraiment fait l’unanimité… Disons que c’était assez extravagant : dès le début, ça tape très fort ! On est tout de suite happé par l’univers de Murakami.

Finalement, Yuichi était assez déçu. Sur les quinze sculptures, il en a apprécié très peu. Quant aux deux japonaises, l’une d’elles a même osé m’avouer qu’elle avait un peu honte… !

Personnellement, je n’ai pas détesté les œuvres, mais j’ai trouvé que certaines étaient mal placées, dans des endroits qui ne leur donnaient pas un bon effet visuel.
Par exemple, les champignons-tabourets dans la salle de Diane, une des plus raffinées…. Ou bien la maid à grosse poitrine juste devant la galerie, que j’ai eu du mal à apprécier…

En revanche, la statue du lion d’or ou la grande fleur en forme de soleil placée dans la galerie des glaces étaient bien mises en valeur et ont plu à tout le monde.

Une fois la visite terminée, nous sommes allés manger dans une crêperie. Nous en avons profité pour échanger sur la visite : Rie a vraiment apprécié l’expérience, mais les jardins gardent sa préférence.
Ce repas nous a aussi permis de mieux nous connaître, et de bien clôturer la journée ! »


Si vous souhaitez également voir cette exposition : dépêchez-vous, elle se termine le 12 décembre !
Un deuxième article viendra bientôt, narrant la visite du second groupe.

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