Origami no sensei – Le maître des origami !

Petit retour du côté des artistes, avec Junichi, notre maître à tous en matière d’origami ! Inscrit à la Yuai association depuis fin 2008, il donne régulièrement des cours de son art aux autres membres.

Choko : Junichi, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Junichi : J’ai grandi à Fukuoka, une ville située au sud-ouest du Japon (c’est d’ailleurs la ville qui est à l’origine du mot « Kamikaze ») jusqu’à l’âge de 29 ans. J’habitais non loin de la mer, à peu près à 15 minutes à pied. Elle me manque beaucoup, d’ailleurs…

J’adore voyager : j’ai visité environ vingt pays. Je m’intéresse à plein de domaines : la culture, le sport, la politique, la philosophie, la religion, etc… Je m’inquiète aussi beaucoup pour notre avenir, du point de vue de l’environnement, de l’économie, de la politique, de la société, etc…

Sinon, je suis végétarien : je pratique donc le bouddhisme plus que les moines, car beaucoup ne sont plus végétariens !

C : Quand as-tu décidé de t’installer en France, et pourquoi ?

J : Je ne me souviens plus exactement… Je me rappelle juste que j’étais stressé à cause des responsabilités liées à mon travail au Japon. Je l’ai quitté, et c’est à ce moment que j’ai voulu partir en voyage en France. Avant de venir, j’ai révisé un peu mes techniques pour fabriquer des origami (les japonais apprennent à en faire dès l’école maternelle) et j’ai aussi appris quelques bases de français pour pouvoir me débrouiller sur place. Ensuite, j’ai continué à le travailler dans une école.

Maintenant, j’aimerais bien pouvoir m’améliorer et trouver quelqu’un qui pourrait m’aider, en s’aidant de journaux par exemple !

C : Quand t’est venue ta passion pour les origami ?

J : Sans savoir pourquoi, j’étais sûr que les européens seraient intéressés par les origami. J’ai donc appris de nouveau à en faire et j’ai créé pas mal d’objets, ce qui m’a donné beaucoup d’inspiration et m’a poussé à continuer.

J’ai une élève et amie vietnamienne qui est d’ailleurs devenue « origamiste ». Sans être professionnelle, elle a donné des cours à des enfants malades au vietnam, et elle a créé une décoration à base d’origami pour le temple bouddhiste vietnamien de Paris. Je suis très fier d’avoir pu l’aider à faire tout ça.

Je ne sais pas si la création d’origami pourra devenir pour moi un véritable métier. Pour réussir comme artiste, il faut avoir une vie stable, avec des moyens, des liens… Et il faut chercher des gens riches qui s’intéressent à tes créations. Mais en même temps, si la vie d’artiste était complètement stable, il n’y a plus besoin de faire d’efforts, et ce serait dommage.

C : comment parviens-tu à vivre de ton art ?

J : Actuellement, c’est presque impossible de vivre seulement grâce aux origami, mais je ne sais pas ce que l’avenir me réserve… En tout cas, pour l’instant j’ai assez de moyens pour vivre. En plus des œuvres que je vends, je fais aussi de la création de bijoux, notamment de boucles d’oreille. Certaines boutiques acceptent de les présenter aux acheteurs.

Et parfois, des gens me demandent de réaliser certains travaux que je n’ai pas l’habitude de faire. Par exemple, une fois je me suis cassé la tête pour décorer des tables, des cérémonies de mariage, etc…

Une autre fois, j’ai donné des cours d’origami dans une école en Thailande. J’aidais alors l’ami d’un de mes amis japonais qui enseignait une technique agricole à des paysans thaïlandais. C’est lui qui a construit l’école où j’ai donné mes cours.

C : A quoi ressemblaient tes débuts, quand tu es arrivé en France ?

J : De 2000 à 2009, tous les mercredi, je donnais bénévolement des cours d’origami dans un hopital. C’était une très bonne expérience, et je suis resté en contact avec le staff. A force de donner ces cours, l’inspiration m’est venue, et j’ai pu commencer à faire de la création.

Malgré tout ce que cette expérience m’a apporté, j’étais un peu mal à l’aise face à des enfants condamnés par le cancer, le sida, etc… Mais certains étaient vraiment motivés. Il y avait même un enfant handicapé (il n’avait qu’une seule main) qui a réussi à faire un pliage assez difficile (celui de la grue). J’étais très content pour lui, comme si c’était ma propre réussite. Tous les participants ont eu les larmes aux yeux.

Cet hôpital est fermé aujourd’hui, c’est dommage. J’envisage de recommencer dans un autre l’année prochaine, mais je n’en suis pas encore sûr.

C : Donnes-tu toujours des cours d’origami ?

J : Oui, normalement j’en organise une fois par mois dans le cadre de la Yuai Association, mais je n’ai pas pu en donner depuis le mois d’octobre 2010. Je pense recommencer après le week-end Japon du 12 et 13 février. Je préviendrai sur la page facebook de l’association !

C : Depuis quand connais-tu la Yuai Association ?

J : Depuis fin 2008, si je me souviens bien. J’avais rencontré Lucy sur un site de correspondance entre français et japonais, mais je ne me souviens plus de son nom… Grâce à la Yuai, j’ai rencontré des gens sympa, qui s’intéressent tous au Japon, qui ont plein de points communs avec moi…

La Yuai m’a aussi permis de pouvoir donner un cours d’origami à des élèves de CM2. J’étais assisté par Lucy et Diane. Enfin, c’est aussi grâce à l’association que je pourrai exposer mes origami au Week-end Japon !
Sinon de temps en temps, je participe à des dîners au restaurant organisés par la Yuai. Et cette année, j’étais présent à la fête du réveillon de fin d’année.

C : Un dernier message à faire passer ?

J : Oui, venez voir mes origami au week-end Japon, le 12 et 13 février !

Publicités

8 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. cecile
    Oct 22, 2012 @ 14:39:47

    Bon jour comment faut il faire pour s’inscrire ? Merci Cécile pouvez vous m’appeler au 0620846638

    Réponse

  2. Rétrolien: Soirée de solidarité – suite et fin ! « Blog de la Yuai Association
  3. Rétrolien: Soirée de solidarité – Enjoy and help ! « Blog de la Yuai Association
  4. Julien
    Août 11, 2011 @ 20:31:09

    Merci pour cette interview très intéressante ! 🙂

    Réponse

  5. chaimaa
    Avr 01, 2011 @ 23:26:47

    « origami » est un art vraiment super, je félicite les japonais d’avoir créé tous ces arts et toute cette culture, je m’intéresse à ce pays d’une façon incroyable ; cela m’a même poussé à apprendre le japonais ! Arigato gozaimasu nihonjin

    Réponse

  6. Rétrolien: Quand les chevaux s’en mêlent « Blog de la Yuai Association
  7. alx
    Jan 24, 2011 @ 22:46:15

    j’ai pu participer à un cours d’origami de Junichi, c’était vraiment super !!

    On avait fait des kangourous : la maman + le bébé qu’on pouvait mettre dans la poche de sa maman 🙂 trop mignon !

    je vous recommande vraiment les cours d’origami, vous serez surpris de voir ce que vous pouvez faire d’un carré de papier et de vos 10 doigts !!

    alx

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :