Oshogatsu, le nouvel an au Japon

Tout comme la France se trouve à l’extrême opposé du Japon, les coutumes aussi sont inversées. En effet, Le Nouvel An japonais, à la fois religieux et familial, ressemble au noël européen, et vice versa !

Au Japon, les préparatifs du jour de l’An commencent bien avant le 31. Dans ce pays, changer d’année, c’est comme déménager : on fait le ménage dans son ancien logement avant d’investir sa nouvelle demeure.

Pour faire ce fameux ménage, ce grand nettoyage d’hiver, les japonais commencent par régler leurs dettes dès l’approche du fatidique 31 décembre. Ils rendent tout ce qu’ils ont emprunté pendant l’année, et organisent une fête entre amis et collègues (le « bonenkai ») pour oublier les problèmes, se remercier et se souhaiter bonne chance pour les douze prochains mois.

Les japonais offrent également des cadeaux aux personnes avec lesquelles ils veulent conserver de bonnes relations amicales ou professionnelles. Il s’agit souvent de produits alimentaires, ce qui arrange tout le monde à l’approche des fêtes. Cette période pendant laquelle on distribue des présents à son entourage s’appelle « Seibo ».

Ce ménage n’est pas que métaphorique. Il passe aussi par un grand nettoyage de la maison, le « osoji », destiné à purifier la maison. On aère, on range, on retire les objets abimés, et on décore la maison avec des objets aussi sacrés qu’onéreux.

Par exemple, le « shimenawa », une corde de paille de riz tressée, que l’on place à l’entrée de sa maison. Ces cordes marquent en général un lieu sacré.
Les « kado-matsu », branches de pins disposées autour de trois bambous coupés, se placent de chaque côté de la porte pour encourager Toshigami-sama, le dieu du nouvel an, à entrer et à protéger le foyer.
Enfin, le « shimekazari » est un dérivé du shimenawa, complété par une représentation de crevette (symbole de longévité) et d’un kaki (symbole de prospérité). Il se place également à l’entrée du logement pour préserver ce dernier des impuretés.

Les japonais envoient aussi une tonne de cartes de vœux, à toutes leurs connaissances, autant familiales, qu’amicales et professionnelles… La poste met un point d’honneur à les stocker autant que nécessaire pour qu’elles soient délivrées le matin de la nouvelle année.

Et le 31 au soir, que font les japonais ? Ils se réunissent en famille pour manger le repas du réveillon, assez modeste puisqu’il est souvent composé d’un bol de soupe aux nouilles. On reste ensuite assis devant la tv jusqu’à minuit en regardant des émissions de variété où les chanteurs se disputent l’écran avec des feux d’artifice.

Les jeunes vont parfois assister aux divers comptes à rebours qui ont lieu dans les quartiers animés. Quant aux japonais les plus traditionnels, ils se rendent dans un temple bouddhiste pour sonner à tour de rôle 108 coups de cloche dès que minuit sonne. Ces derniers symbolisent les 108 passions, principaux obstacles de l’homme dans sa quête de l’illumination. L’amazake, une boisson chaude et alcoolisée à base de riz fermenté est offerte par le temple pour se réchauffer.

En général, la nuit est courte, puisqu’il est d’usage de se lever très tôt pour admirer le premier lever de soleil de l’année, de préférence sur l’océan. Les plages sont souvent envahies par de jeunes japonais, juste avant l’aube.

Le petit déjeuner traditionnel du 1er janvier est souvent royal, et le sake coule à flot ! Eh oui, dès 9h du matin… Ensuite, les japonais ont trois jours fériés, dont ils profitent pour faire leur première visite au temple shinto.

Attention, il va falloir jouer des coudes, car il y a foule dans les temples ! Surtout le matin du 1er janvier. Les plus célèbres rassemblent parfois plusieurs millions de personnes. Les japonais en profitent pour faire des offrandes, prier, purifier leur âme en se plaçant sous la fumée de l’encens, acheter des o-mikuji (petits bouts de papier sur lesquels sont inscrits des prédictions. Si elles sont mauvaises, il faut les accrocher à un arbre.) ou des amulettes protectrices. Les japonais aiment également sonner la cloche pour célébrer la nouvelle année mais pour ce faire, il faut souvent attendre des heures dans une queue interminable…

Enfin, repas traditionnels sont au menu pendant ces trois jours… Le « osechi ryōri » fait partie de ces plats de fête : il rassemble plusieurs condiments joliment arrangés dans une boite en laque. Quant a « zōni », il s’agit d’une soupe aux ingrédients variés, servie avec des gâteaux de riz ou à base de pate de poisson.

Dernière coutume un peu surprenante : le « hatsuyume », ou premier rêve de l’année. Il s’agit du rêve que l’on fait la nuit du 1er au 2 janvier. Cette nuit là, les japonais espèrent qu’ils rêveront de mont fuji, de faucon ou bien d’aubergine, car chacun de ces trois éléments est un bon présage pour l’année à venir…

Ainsi, je vous encourage dès à présent à penser très fort à un grand plat d’aubergines, afin que vos prochains rêves en soient peuplés et que l’année 2011 vous soit heureuse.

Bon réveillon à tous !   (pour un article plus détaillé, cliquez ici 🙂 )

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